Communautés

Retour sur le Yom Agounot du 13 mai 2012, la journée de mobilisation, d’information et de prévention consacrée aux agounot

C’est dimanche 13 mai 2012, qu’a eu lieu, dans les locaux de l’Alliance Safra, le Yom Agounot, la journée consacrée aux femmes Agounot, ces femmes qui n’arrivent pas à obtenir le guet, l’acte de divorce religieux,  et qui restent « enchaînées »  à leur ex-mari.
Cette journée d’échange, d’engagement et d’émotion aussi, avait un objectif : mettre à la portée du public toutes les données du problème des Agounot : halakhiques, juridiques, institutionnelles, sociales, psychologiques.

Au-delà de la participation importante du public tout au long de la journée, qui a montrée l’attente suscitée dans la communauté, c’est la présence et l’engagement des plus hauts responsables  du Consistoire qui apparaît comme un tournant important. En effet, les interventions de Maître Elie Korchia, secrétaire rapporteur du Consistoire de Paris, de Joël Mergui, Président des Consistoires et de Michel Gugenheim , Grand Rabbin de Paris, sont significatives de la mobilisation des institutions et des rabbins sur cette question des Agounot.

Tout au long de cette journée, des personnalités de très haut niveau, à commencer par Mikhaël Wygoda, docteur en droit, Directeur du département de droit hébraïque au Ministère de la Justice à Jérusalem, puis Madame Nourit Fried, Fondatrice et responsable du programme de formation des “Toanot Rabbanyiot-Centre Lindenbaum” à Jérusalem, pour terminer avec le Rav Chlomo Daikhovsky, Directeur général des tribunaux rabbiniques israéliens, tous trois venus pour l’occasion d’Israel, ont expliqué à un auditoire venus nombreux, les mécanismes possibles, selon la halacha, pour parvenir à ce que des maris récalcitrants donnent le guet, à leur ex-femme, les libérant et ainsi leur donnant la possibilité de refaire leur vie.

Cinq femmes ont eu le courage de venir témoigner de ce que leur vie était pendant le processus d’obtention de ce guet. Cinq femmes, parmi d’autres, qui ont souffert, et qui, pour quelques unes souffrent encore, pour qui la vie est en suspens,  dépendante de la volonté de leur ex-mari. La détresse de ces femmes a été analysée par Joëlle Bernheim, l’épouse du Grand rabbin de France, psychanalyste, une détresse en contradiction, comme elle l’a souligné, avec la Thora, avec la vie et avec la Halacha. En effet, un mari a, selon la Halacha, l’obligation de donner le guet à sa vie, ceci est une mitzva, il ne faut pas l’oublier.

Le mérite du Grand Rabbin de France Gilles Bernheim a été, d’une part, d’avoir pensé, organisé et initié lui-même la Journée pour les Agounot, et, d’autre part, d’avoir “légitimé halakhiquement parlant”, la lutte et les demandes de sanctions faites depuis de très longues années par des femmes de la communauté juive. Il est vrai que des représentantes de la Coopération Féminine, la WIZO, les Femmes Pionnières et la Loge féminine du B’nai B’rit, ont fait des démarches demandant, depuis plus de 15 ans aux Grands rabbins de Paris et de France de l’époque ainsi qu’aux différents Présidents de communautés, de prendre des mesures pour que les “maris récalcitrants” soient pointés du doigts, ne puissent plus être appelés à la Torah, soient mis “à côté” de la communauté, comme l’ont souligné les différents orateurs venus d’Israël, il s’agit de moyens de pression autorisé selon la halakha.

Pour les militantes des droits de la femme, et surtout pour la libération de la femme Agouna “enchainée”, la journée du 13 mai sera un tournant et ouvrira une ère nouvelle afin qu’enfin les femmes agounot puissent retrouver leur liberté.